Réaction des scientifiques


3 mai 2017 Face à Trump (qui ne croit pas à ce que dit la science sur le climat et prétend que tout ceci est un bobard des chinois contre l'industrie des USA), des conservateurs lancent, pour lui,  une campagne de pub (Trump passe son temps devant la télé) en faveur de l'action contre le réchauffement climatique et s'adressent à lui avec cette fantastique formule:  "Croire en la science ne fait pas de vous un gauchiste mais seulement un homme instruit"

 

Face a Allegre, les scientifiques se rebiffent, AFP, 01/04/10

Paris (AFP) - 15:50 - Ce n'est guere dans leurs habitudes de sortir de leurs gonds, mais trop c'est trop: lasses des "denigrements" et "accusations mensongeres" de Claude Allegre, dont le livre a charge triomphe en librairie, environ 400 chercheurs ont contre-attaque pour retablir leur verite sur l'evolution du climat.
A l'initiative de la paleoclimatologue Valerie Masson-Delmotte, les premiers signataires - parmi lesquels Jean Jouzel et Edouard Bard, cibles recurrentes de M. Allegre - en appellent a leurs autorites de tutelle, la ministre de la Recherche Valerie Pecresse et les grands instituts scientifiques qui les emploient (CNRS, CEA, INRA, IRD, Meteo France, Museum d'Histoire naturelle...).
"Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs denigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant a l’imposture scientifique", ecrivent-ils dans une lettre ouverte.
"Ces accusations ou affirmations peremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques", poursuivent-ils, designant les ouvrages de l'ancien ministre de l'Education ("L'Imposture climatique", 110.000 exemplaires vendus selon l'editeur Plon) et celui de Vincent Courtillot ("Nouveau Voyage au centre de la Terre"), directeur de l'Institut de Physique du Globe - ancienne maison de M. Allegre.
Les auteurs "oublient les principes de base de l’ethique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la societe", estiment-ils, en attendant du ministere et de leurs instituts "une reaction (...) et l’expression publique de votre confiance".
En dix jours sur internet, leur petition - ouverte jusqu'au 6 avril - a recueilli plus de 400 signatures, "largement au-dela de nos espoirs initiaux" souligne Mme Masson-Delmotte. Celle-ci se felicite de retrouver des geographes, des historiens comme Emmanuel Leroy-Ladurie, des hydrologues, de specialistes des oceans, des glaces, des continents...: "Cela montre que ces attaques touchent l'ensemble de nos disciplines", dit-elle.
"Les arguments presentes par (Allegre et Courtillot) mettent en cause notre integrite et (notre) serieux, que ce soit sur l'observation du climat actuel, la comprehension des changements passes ou sur la modelisation du climat", affirme la chercheuse. L'ouvrage de Claude Allegre "presente une somme d'erreurs factuelles - citations erronnees, graphiques faux, chiffres faux - siderante", ajoute-t-elle.
Pour Jean Jouzel, vice-president du groupe scientifique du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernementaux sur le climat, mandates par l'ONU) et a ce titre, personnellement attaque par Claude Allegre, ce dernier "n'utilise pas les regles de notre communaute scientifique".
"S'il s'agissait d'un debat scientifique, nous n'aurions certainement pas ecrit a la ministre, mais il s'agit d'une absence complete de deontologie", dit-il.
En reponse, Valerie Pecresse s'est tournee vers l'Academie des sciences la priant d'organiser un debat: "C'est l'Academie qui pourra juger de l'integrite scientifique des travaux des uns et des autres", fait-elle valoir en rappelant que M. Jouzel, porte fin 2009 a la presidence du Haut conseil de la science et de la technologie, etait precisement le candidat du gouvernement.
Cette reaction convient "exactement" aux signataires, qui ne recherchent pas de soutien politique mais demandent a etre "aides a communiquer avec le grand public".
"Il faut construire une culture grand public sur le climat, sinon comment peut-il juger des arguments des uns et des autres?", dit Mme Masson-Delmotte.


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