Jim Hansen, un militant?


Jim Hansen est le climatologue en chef de la NASA. Il est probablement l'expert le plus reconnu sur le sujet, il est aussi celui qui a décidé de s'engager personnellement dans la mobilisation citoyenne. Devant l'urgence du problème qui nous fait face, on ne peut pas se contenter de rester dans son pré carré d'expert.
Pour ceux qui lisent l'anglais, voici l'adresse de son site où Jim publie ses differentes actions.
En bas de cette page, une interview du 30 mai 2010, en français c'est exceptionnel, merci Mediapart pour ça aussi.

Mais tout d'abord un texte de JiM Hansen, du 25 aout 2010, où il s'interroge sur son statut de militant:
Un militant, moi ? 

« Comment êtes vous devenus un militant ? » La question m’a pris par surprise. Je ne m’étais jamais considéré comme un militant. Je suis un scientifique du Midwest plutôt taciturne et un peu lent. Mon entourage familial est plutôt conservateur, et le terme militant y est mal vu.

  

J’allais donc réfuter cette appellation mais de fait j’ai déjà été arrêté par la police plus d’une fois. Et aussi j’ai témoigné en justice, pour défendre des personnes accusées de ne pas avoir respecté la loi. Bien sur ces personnes protestaient contre notre dépendance aux carburants fossiles. Mais n’y a-t-il pas des moyens légaux pour protester dans une démocratie ? Comment en étais je arrivé à me retrouver avec cette pancarte de militant ?

  

En fait, mes petits enfants y sont pour beaucoup.. Ca s’est passé progressivement. D’abord en 2004 j’ai rompu un vœu personnel de 15 ans de non intervention dans les medias. J’ai donné une conférence publique s’appuyant sur les travaux scientifiques qui montraient la nécessité de ralentir nos émissions de gaz à effet de serre, et j’ai critiqué l’administration Bush sur ce sujet. A cette occasion mes petits-enfants ont joué le rôle de figurants qui tenaient dans les mains des ampoules de 1 watt de guirlande de sapin de Noël, pour illustrer les mécanismes du changement climatique.

  

14 mois plus tard, j’ai donné une autre conférence publique, reliant les causes du réchauffement climatique avec les choix que doit faire notre société et dénonçant les actions de désinformation des lobbys pétroliers. Je justifiais la vigueur du propos car je ne voulais pas entendre plus tard mes petits enfants dire : « papi il a tout compris, mais il n’a pas su le rendre évident ».

  

Et ce qui était devenu évident c’est que notre planète est toute proche du point de non retour climatique. Partout les glaces fondent, sur la banquise arctique, au Groenland, en Antarctique et dans toutes les montagnes. Des tas d’espèces sont menacées par la destruction de leur environnement et le changement climatique. Si on ne ralentit pas notre consommation de carburants fossiles, la montée des mers et la disparition des espèces vont s’accélérer et devenir incontrôlables. L’augmentation de la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère accentue déjà les phénomènes climatiques extrêmes, augmentant les précipitations, aggravant les inondations et les tempêtes.

  

La stabilisation du climat passe par le rétablissement de l’équilibre énergétique de notre planète. La science est absolument claire. L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère déséquilibre le bilan énergétique de la Terre; les mesures de la chaleur supplémentaire stockée dans les océans le confirment. C’est une question de géophysique, la capacité qu’a notre terre, et son atmosphère, d’absorber le CO2 dégagé par  les carburants fossiles.  Dit simplement, l’atmosphère ne peut pas absorber plus qu’une certaine quantité de CO2. On ne peut pas brûler tous les carburants fossiles. Concrètement, on doit (1) arrêter progressivement l’utilisation du charbon, (2) laisser les schistes bitumineux là où ils sont sous terre et enfin  (3) ne pas extraire tout le pétrole jusqu’à la dernière goutte.

  

Des solutions sont possibles qui permettront au monde de progresser vers les énergies renouvelables du futur. En rétablissant une atmosphère et des ressources en eau propres, on  rendrait aux générations futures le monde de la création, la terre qu’ils sont en droit d’exiger. Mais ces solutions ne sont pas mises en oeuvre.

  

J’ai pensé au début qu’il s’agissait d’un problème de communication. Les savants n’avaient pas su bien expliquer la chose aux dirigeants des grands pays. Il devait bien y avoir quelque part des pays capables de saisir l’injustice foncière des politiques énergétiques actuelles  envers les générations futures !

  

Alors j’ai écrit des courriers à des dirigeants, je suis même allé voir plus d’une demi douzaine d’entre eux, visites que je décris dans mon livre « Les Tempêtes de mes petits enfants ». A chaque fois, ce que j’ai entendu, c’est du « greenwashing », de l’écoblanchiment. On fait semblant de se préoccuper de réchauffement climatique mais ce sont les intérêts du lobby pétrolier qui dictent les décisions politiques.

  

La Norvège m’en a fourni un exemple -type. Je pensais que ce pays, historiquement en pointe en écologie, pourrait s’affirmer parmi les autres nations avec des actes concrets qui montreraient l’hypocrisie des discours et des pseudos actions d’autres pays.

  

Ainsi j’ai écrit au premier ministre pour lui proposer que la Norvège, actionnaire majoritaire de la compagnie StatOil, intervienne pour bloquer leurs projets de schistes bitumineux au Canada. J’ai reçu une réponse polie du ministre délégué au Pétrole et à l’Energie. La position du gouvernement c’est que les projets de schistes bitumineux relèvent des choix commerciaux de l’entreprise, que le gouvernement ne devrait pas intervenir et que le Parlement pense majoritairement qu’il s’agit en l’occurrence d’une » bonne gouvernance d’entreprise ». Le ministre délégué concluait ainsi sa lettre : « Je vous assure cependant que nous allons continuer à tenir une position très ferme sur les enjeux du changement climatique, que ce soit en Norvège ou à l’international »

  

Un ami norvégien, lui aussi grand-père, après avoir lu cette lettre, a cité Saint Augustin : l’hypocrisie est le tribut que le vice doit payer à la vertu.

  

L’attitude du gouvernement norvégien est une dramatique confirmation de la situation globale actuelle : même le pays le plus respectueux de l’environnement trouve trop dérangeant de faire face à la réalité des faits scientifiques sur le climat.

 


Il devient évident que les actions nécessaires n’arriveront que si le grand public, d’une façon ou d’une autre, s’implique en force. Pour les citoyens, une façon de faire c’est de s’opposer aux projets de centrales à charbon, et de schistes bitumineux, et de forages pétroliers dans des zones naturelles et les océans profonds.

  

Cependant pour nous sevrer de notre dépendance aux carburants fossiles il nous faut bien comprendre qu’aussi sure que  la gravité fait tomber les objets, aussi sur est le fait que nous continuerons à utiliser les carburants fossiles tant qu’ils seront moins chers que les autres énergies. La solution c’est donc de faire monter progressivement le prix du pétrole, du gaz et du charbon ; mettre un prix sur le carbone et le collecter auprès des entreprises fournisseurs de ces carburants fossiles, localement dès la mine ou le puits et pour les importations dès l’arrivée au  port. Tous les fonds récoltés doivent être redistribués au public avec strictement la même part pour chacun, afin d’inciter chacun à adapter son mode de vie et les entreprises à innover pour des solutions sans carbone. Avec l’augmentation du prix du carbone, les carburants fossiles seront progressivement remplacés par des énergies propres et par plus d’efficacité énergétique.

  

Une taxe sur le carbone c’est la seule solution globale réaliste. La Chine et l’Inde n’accepteront jamais des quotas, mais elles ont besoin d’une taxe sur le carbone pour développer les énergies propres et éviter la dépendance aux carburants fossiles.

  

Aujourd’hui les gouvernements, au contraire, parlent de marchés de quotas échangeables avec compensation, un système  dévoyé par les grandes entreprises de la finance et du lobby pétrolier. Le marché des quotas c’est une incitation à la corruption. Pire, c’est inefficace, prolongeant notre dépendance jusqu’à la dernière goutte de pétrole et la catastrophe environnementale qui ira avec.

  

Stabiliser le climat, c’est un devoir moral, c’est une question de justice vis-à-vis des générations futures. Les jeunes gens, et les plus âgés aussi, qui défendent les jeunes et les autres espèces de la création, doivent s’unir en exigeant la mise en œuvre d’une démarche concrète pour protéger notre planète.

  

Vu que les pouvoirs exécutifs et législatifs de nos pays restent sourds au discours scientifique, le pouvoir judiciaire représenterait peut-être la meilleure voie pour redresser la situation. Les gouvernements ont la responsabilité institutionnelle de protéger les droits des jeunes et des générations à venir ;

  

Aux jeunes gens, je dis : défendez vos droits, exigez que les gouvernements soient sincères et reconnaissent les conséquences de leurs politiques. Aux personnes âgées je dis : il est temps de se ceindre les reins et combattre avec ces jeunes pour protéger le monde dont ils vont hériter.

  

Je suis impatient de me tenir à leurs cotés, à les aider à développer leurs actions pour exiger ce qui leur est dû et préserver la nature et leur futur. Je suis devenu un militant? Sans doute.

Apres ce texte (traduction par taca), qu'attendons nous pour nous mobiliser pour le 10/10/10?


Mediapart, 30/05/10  Jade Lindgaard
INTERVIEW DE JAMES HANSEN LE 30 MAI 2010 A BONN

"SEULE UNE TAXE CARBONE GENERALISEE PEUT SAUVER LE CLIMAT"


Lundi 31 mai a Bonn reprennent les negociations sur le climat. Presque six mois apres l'echec de la conference de Copenhague, plus personne ne croit possible la conclusion d'un accord cette annee. Climatologue repute et figure publique aux Etats-Unis, James Hansen appelle la communaute internationale a adopter une tout autre strategie contre le changement climatique: abandonnons les marches de quotas de CO2 et creons une taxe carbone generalisee, explique-t-il dans cet entretien avec Mediapart.
Directeur de l'institut Goddard d'etudes spatiales de la NASA, James Hansen est considere comme un grand climatologue americain. A partir de la fin des annees 1980, il joua un role majeur dans la prise de conscience — progressive, trop lente a ses yeux — de l'elite politique et economique aux Etats-Unis quant aux dangers du changement climatique. Fin 2009, il provoque un scandale en declarant souhaiter l'echec du sommet de l'ONU sur le climat de Copenhague. A ses yeux, les bases de la negociation actuelle sont trop mauvaises, dessinant un systeme trop inefficace. Il est aujourd'hui un fervent avocat de l'instauration d'une taxe carbone aux Etats-Unis, et ailleurs dans le monde.

L'annee derniere, vous aviez publiquement espere que la conference de Copenhague sur le climat soit un echec. Selon vous, la negociation etait engagee sur une trop mauvaise voie. Maintenant qu'elle a echoue, la situation s'est-elle amelioree ?
Ca depend. Pour faire progresser l'accord international, il faut donner un prix au carbone, et donc instaurer une taxe carbone generalisee. Le mecanisme de marche des quotas d'emissions («cap and trade»), qui correspond a l'approche du protocole de Kyoto, ne pourra jamais exister au niveau mondial. Je ne crois pas que l'Inde et la Chine accepteront de limiter leur developpement economique. Par contre, il y a de tres bonnes raisons de croire qu'ils pourraient accepter un prix du carbone. Ils investissent dans l'energie solaire, eolienne, nucleaire. Ils pourraient reussir a se sortir des energies fossiles pour passer aux renouvelables. En realite, ils doivent le faire s'ils veulent nettoyer leur atmosphere et leur eau qui sont gravement pollues. Et s'ils veulent eviter les effets du changement climatique qui vont les affecter plus que l'Europe et les Etats-Unis. Ils sont donc ouverts a cette approche.

Pourquoi selon vous seraient-ils plus ouverts a une taxation qu'a un marche du carbone ?
La Chine peut avoir interet a taxer son carbone. Le reste du monde va avoir besoin de sources d'energies propres. Les Chinois investissent dans ces secteurs et vont pouvoir vendre beaucoup d'eoliennes et de panneaux photovoltaiques. Aujourd'hui, leurs produits sont moins chers que ceux des Occidentaux. Ils sont donc en position de leur en vendre. Ils en ecouleront d'autant plus qu'il existe une taxe carbone generale.
Ils investissent dans les energies propres. Mais tant que les carburants fossiles seront l'energie la moins chere, les gens continueront de les utiliser. Y compris en Chine. Donc pour qu'ils reduisent leur usage des carburants fossiles, il faut que les prix montent. Le probleme, c'est que le prix des carburants fossiles ne reflete pas les dommages qu'ils causent a la societe: leurs effets sur la sante humaine, l'environnement, le futur des jeunes generations. Le gouvernement chinois est tres rationnel. Il comprend que la Chine va beaucoup souffrir du changement climatique. Ils ont 300 millions d'habitants qui vivent tres pres du niveau de la mer. Ils ne veulent donc pas que la calotte glaciaire se destabilise. C'est plus facile de faire comprendre cela a la Chine qu'aux Etats-Unis.

En Europe, les autorites politiques ont echoue a creer une taxe carbone, ce qui a conduit par defaut a la creation du marche du CO2. Ne craignez-vous pas de defendre une option economiquement et diplomatiquement efficace, mais politiquement irrealiste ?
C'est un probleme de communication. Il faut taxer les compagnies petrolieres a la source, par une taxation sur le petrole, le gaz et le charbon, et redistribuer ces recettes au public, soit par un cheque vert mensuel, soit par le biais de la reduction d'autres impots. Mais il faut que ce soit transparent et qu'il soit clair pour tout le monde que l'argent collecte revient au public. Il faut l'expliquer pour que les gens comprennent, et ne croient pas que le gouvernement fait porter tout l'effort sur eux. La communication sur ce sujet n'a pas ete aussi bonne qu'elle aurait du l'etre.
C'est ce que le gouvernement francais a voulu faire, avant de renoncer, apres la censure du Conseil constitutionnel. L'opposition a la reforme etait trop forte.
Les gouvernements doivent mieux communiquer. Mais ce sera plus facile si la taxe carbone fait l'objet d'un accord international. Il sera plus clair que c'est aux benefices des plus jeunes, des futures generations et des especes de la planete. Si la France est la seule a le faire, ca n'apporte pas grand-chose. Elle ne represente qu'une toute petite part des emissions globales. Un accord mondial ferait une grosse difference.

En plus du marche de quotas d'emissions de CO2, le protocole de Kyoto a aussi mis en place un systeme de compensations : l'entreprise d'un pays industrialise peut reduire ses emissions de gaz a effet de serre dans un pays en voie de developpement en y investissant dans les energies propres. Vous etes tres critique de ces compensations que vous comparez a des indulgences. Pourquoi ?
Prise une a une, la plupart de ces compensations sont en fait inefficaces. On sait combien de carbone il y a dans le petrole, le gaz et le charbon. On sait qu'on ne peut pas tout emettre dans l'atmosphere. On va devoir laisser la plupart du charbon dans le sol. C'est absurde de vouloir partir a la recherche de la moindre goutte de petrole pour la consommer, parce que si on le fait, il faudra ensuite trouver le moyen de l'extirper de l'atmosphere. Les projets de compensation concernent souvent les forets. Mais ca ne resout pas le probleme des carburants fossiles. La demande de bois ne diminue pas. La demande de terre pour cultiver de la nourriture ne flechit pas. Si vous preservez une foret, la coupe du bois se fera ailleurs. A moins que vous ne parveniez a controler toutes les forets de la planete, ca ne marchera pas. Donc, ces compensations ne sont pas seulement inefficaces: la plupart du temps, elles sont tout simplement imaginaires. Elles peuvent peut-etre temporairement reduire les emissions, mais elles ne resolvent pas le probleme principal: il faut laisser les carburants fossiles dans le sol.
L'autre probleme, c'est qu'elles permettent aux pays riches d'echapper aux changements fondamentaux qui doivent etre conduits. Les gens se sentent beaucoup mieux a l'idee qu'ils peuvent bruler du carbone et le compenser. Mais la realite, c'est qu'ils ne peuvent pas vraiment le compenser. Par exemple, quand les gens font le tour du monde en avion, ils peuvent acheter des compensations, mais ca ne compense pas vraiment le carburant qu'ils ont consomme. Parce que le carburant est brule de toute facon, meme si vous le ralentissez un peu. Une fois que le carbone est present dans l'atmosphere ou dans l'ocean, il y reste pendant des millenaires. Ca ne change absolument rien que vous le depensiez cette annee, ou l'annee suivante. La seule chose a faire, c'est de ne pas le bruler! Planter des arbres ne resoudra pas le probleme du climat. Si nous consommons tout le carbone qui se trouve dans les reserves de petrole, de gaz et de charbon, nous allons plus que doubler la teneur en CO2 dans l'atmosphere. Cela renverrait la planete a l'époque où il n'y avait plus de glace (ice free, la mer était 70 metres plus haute qu'aujourd'hui, note de traduction taca).
La raison aussi pour laquelle ces compensations sont seduisantes, c'est que les pays en developpement eux aussi y gagnent. Ils en attendent de l'argent. C'est comme les indulgences: les riches pouvaient continuer a pecher et l'eglise touchait l'argent. Tout le monde etait content. Mais c'est un benefice financier a court terme pour les pays en developpement.

Croyez-vous qu'une taxe carbone existera un jour aux Etats-Unis ?
Ce sera sans doute plus dur aux Etats-Unis. Mais malheureusement, nous n'avons pas le choix, il faut le faire. Car aussi longtemps que les carburants fossiles seront les moins chers, nous continuerons a les bruler. C'est aussi evident que l'existence de la gravite terrestre. Aux Etats-Unis, nous avons cette dependance aux carburants fossiles, qui est la source de bien des problemes. Ce sont des centaines de milliards de dollars par an que nous versons a des pays etrangers qui les utilisent parfois d'une facon qui ne nous plait pas, comme le financement du terrorisme. Il y a des benefices au prix du carbone. Il faut que nous passions aux energies propres dans le futur. Je crois que cela peut etre explique au grand public. Mais il faut le faire de maniere non partisane. Et aujourd'hui, le debat americain est tellement clive que c'est tres difficile.

Pourquoi l'administration Obama a-t-elle ecarte la taxe carbone ?
Je crois qu'ils n'etaient pas bien informes. Les principales ONG americaines defendent le marche des quotas de CO2 et le premier projet de loi sur le climat, adopte l'annee derniere par la Chambre des representants, qui ne permettra qu'une legere baisse des emissions. Il donne beaucoup d'argent aux industries fossiles, ce sont 200 pages pour servir les interets des uns et des autres. A ce stade, je crois que les grosses ONG sont devenues l'une des sources du probleme: le National resources defense council (NRDC), l'Environemental defense fund... Elles ont passe trop de temps a Washington. Elles touchent de l'argent du milieu des affaires.
Mais ce n'est pas qu'une question d'argent. L'Environemental defense fund par exemple a joue un role determinant dans l'elaboration du systeme de marche des quotas mis en place pour reduire les emissions de soufre (SO2) dans les annees 1990. Ils considerent que ca a bien marche. C'est vrai que les emissions ont ete reduites, mais c'est un probleme tres different car on a pu substituer un type de soufre a un autre. C'est tres different du CO2. Car pour en reduire les emissions, il faut changer de mode de vie. Changer les modes de consommations et la vie des affaires au-dela des frontieres. Il faut faire changer la societe a une tres grande echelle.

La maree noire qui touche les cotes americaines et la Louisiane peut-elle accelerer la prise de conscience de la necessite de sortir des hydrocarbures ?
Les resistances aux forages sur les terrains publics, en offshore et en Alaska aident beaucoup. On se comporte comme des drogues du petrole. Il faut en sortir. Je ne crois pas que les differentes versions actuelles du projet de loi sur le climat ont la moindre chance de passer. C'est bien, puisqu'elles n'apportent pas grand-chose. De mon cote, je travaille avec le Carbon tax center pour ecrire un autre projet de loi qui donne un prix au carbone et le ferait augmenter chaque annee pour atteindre au bout de 10 ans le niveau d'un dollar par gallon d'essence. Cela reduirait les emissions americaines de 30%. De vraies reductions, pas de la compensation. Cela mettrait la tonne de CO2 a 115 dollars (93 euros). C'est beaucoup plus que les niveaux de taxe carbone dont on parle aujourd'hui un peu partout. Mais c'est le prix qu'il faut pour changer le mode de vie des gens.
Voir aussi la proposition taca de Contribution Climat Universelle, compatible avec ces déclarations de Jim Hansen.


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